En date du 31 mai 2018, une délégation composée d’une dizaine de personne conduite par le Président et Chef Exécutif de l’IFDC International (IFDC HQ) et accompagnée par Madame la Secrétaire Exécutive de l’OAP asbl a visité un ménage d’agri-éleveurs et un groupe solidaire d’épargne et crédit (VSLA : Village Savings and Loans Associate) de la colline GISAGARA, Commune MUBIMBI, Province Bujumbura.

 

Ce ménage agricole et ce VSLA sont appuyés dans le cadre du Projet d’Appui à la Productivité Agricole au Burundi (PAPAB) qu’OAP asbl est en train de mettre en œuvre dans la Province Bujumbura selon l’approche auto-promotionnelle PIP (Plant Intégré du Paysan). 

 

L’objet de la visite était d’évaluer les résultats du projet aussi bien sur le volet agro-sylvo-pastoral que sur le volet inclusion financière de par les groupes solidaires d’épargne et crédit.

 

Au niveau du ménage de Sylvestre YAMUREMYE (Paysans PIP deuxième génération), la délégation a d’abord suivi la présentation du PIP (Plan Intégré Paysan) du ménage par le mari complété par son épouse Prisca NGENDAKUMANA avant de visiter l’exploitation agricole pour observer les réalisations.

 

Depuis qu’il a été formé sur le PIP (début 2017), il affirme avoir une vision pour son ménage. Entretemps, beaucoup de choses ont changé dans son ménage et dans son mode de vie. Tout ce qui concerne la vie du ménage (dépenses, affectation des ressources, répartition des tâches entre les membres du ménage, décision d’investissement) est en effet discuté avec son épouse et ses enfants alors qu’avant il prenait seul les décisions et gaspillait les biens du ménage sans se soucier du lendemain. Le ménage a significativement amélioré les pratiques culturales. En effet, il a protégé toute son exploitation par aménagement des fosses antiérosives sur courbes de niveau et a planté des herbes fixatrices sur les talus de ces fosses, il a corrigé l’acidité de son exploitation par application de la chaux (dolomie) dont l’achat est subventionné via la première composante du PAPAB. Il a reconverti sa bananeraie, il utilise depuis de la fumure organique qu’il tire de ses deux compostières. En plus du bananier, il cultive d’autres cultures rentables telles que la tomate, l’oignon rouge, le haricot.

 

Comme résultats tangibles ou changements déjà enregistrés au niveau de ce ménage, il sied de noter 

 

Øune parfaite entente dans sa famille ;

 

Øune augmentation significative de la production agricole pour le haricot et la tomate ;

 

Øtoute la famille mange actuellement 2 fois par jour ;

 

Øune affectation rationnelle des revenus familiaux

 

Øune répartition équitable des tâches au niveau des activités du ménage et de l’exploitation ;

 

Øles dépenses financières sont payées via les revenus de son exploitation et des crédits obtenus du VSLA.

 

 

 

N’eut été le trop de fortes pluies qui ont compromis les bons rendements cette saison, il avoue qu’il aurait pu avoir 1 tonne d’oignon rouge dans une de ses petites parcelles.

 

 Il a formé d’autres Paysans sur l’approche PIP et a l’espoir que d’ici quelques années l’image de toute la colline aura changé. Il fait noter un grand engouement de la population de la colline sur l’approche qui selon lui est très révolutionnaire. Ce qui l’a marqué avec l’approche c’est qu’elle repose sur un changement de mentalité et qu’elle appelle les bénéficiaires à ne pas compter sur les appuis extérieurs.

 

Après le ménage de Sylvestre YAMUREMYE, la délégation a visité le VSLA TWIZEREYEZU dont le lieu de rencontre est situé à quelques centaines de mètres. La délégation a été accueillie par des chants et danses des membres du VSLA qui avaient tous répondu présents. C’était aussi pour eux une occasion d’effectuer des opérations d’épargne et de crédit en présence des visiteurs dont la curiosité se lisait sur les visages.

 

Il sied de noter que ce groupe solidaire d’épargne et crédit (VSLA) a d’abord commencé sous forme de SILC(Savings& Interal Lending Communities) sous l’initiative des organisations religieuses paroissiales. Avec le PAPAB, beaucoup de formations ont eu lieu et l’association a pris forme avec des textes règlementaires bien clairs élaborés par les membres. Au nombre de 25 (dont 19 hommes et 6 femmes appartenant à 3 générations), tous les membres sont formés sur l’approche PIP. Ils se réunissent une fois par semaine (samedi à 16h) et s’acquittent à cette occasion d’un montant variant de 1000 à 3000 FBU et d’un montant de 100 Fr pour la caisse sociale en vue de faire face aux événements sociaux (cas de décès, naissance etc…). Ils prévoient aussi des pénalités pour des cas d’absence aux réunions, de retard, de bavardage etc… A chaque réunion, ils enregistrent des demandes de crédits et des remboursements. Au bout d’un cycle ils procèdent au partage des parts majorés des intérêts sur crédits et recommencent le nouveau cycle après le partage. Les crédits obtenus dans le cadre de ce VSLA permettent à ses membres de financer certains des investissements de leurs PIPS.

 

En somme, la délégation a fort apprécié les réalisations aussi bien au niveau agro-sylvo-pastoral qu’au niveau de de l’inclusion financière, notamment avec les groupes solidaires d’épargne et crédit.

 

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