Témoignages de l’association TUGWANYUBUKENE

Dans la région de Mumirwa, zone de Matyazo, commune de Mubimbi, colline de Butega, nous rencontrons l’association TUGWANYUBUKENE (qui signifie « Luttons contre la pauvreté »). Bernard, le responsable de l’association, entouré des autres membres, nous explique l’histoire et le fonctionnement de l’association.

L’OAP est d’abord venue pour construire une école dans ce petit coin perdu (pas de route pour y parvenir directement) et organiser des formations en alphabétisation. Les villageois alphabétisés ont eu la volonté de valoriser leur certificat et ont eu l’idée de se mettre ensemble pour créer une association. Certains ont adhéré, d’autres non. Au début, ils étaient 15 membres, dont 13 femmes. Ils ont réfléchi ensemble à ce qu’ils voulaient faire. Leur objectif premier est de lutter contre la pauvreté dans la colline, d’où le nom donné à leur association. Ensuite, ils ont défini 3 domaines de travail : l’agriculture, l’élevage et le commerce.

 

 

Pour obtenir un premier capital pour leur association, ils effectuèrent des travaux à l’extérieur. Avec l’argent récolté, ils ont pu acheter 2 chèvres et 4 porcs. Ensuite, ils ont demandé le soutien de l’OAP pour pouvoir évoluer. Pour obtenir l’aide de l’OAP, ils ont dû obtenir un siège légal et pour cela, ils ont dû vendre leurs chèvres et leurs porcs. L’OAP leur a conseillé de réfléchir sur l’activité qu’ils pouvaient réaliser. Ils ont alors proposé de transformer les noix de palmes qui sont en production suffisante dans la région. L’OAP a accepté de les soutenir et de les aider dans l’apport de matériel.

Avant, le travail de transformation était très pénible, le concassage se faisant à la main à l’aide d’une pierre, cela demandait beaucoup d’énergie pour peu de rendement. La production d’huile de palme ne dépassait alors pas 10 fûts. Aujourd’hui, grâce aux machines et aux installations, le travail est moins pénible, le travail est plus léger, et le rendement est plus élevé, et peut atteindre 40 fûts. Le concassage est plus rapide (80 fûts par jour au lieu de 5 fûts par semaine !).

Les noix de palme sont d’abord chauffées et ensuite mises dans l’extracteur d’huile, les noix palmistes sont ensuite séchées, concassées et l’huile palmiste est mélangée à la soude caustique pour la fabrication du savon. Les machines leur permettent d’extraire l’huile de 2 fûts de noix en 30 minutes. Il faut 4 litres de mazout pour faire 8 fûts. Pour le concasseur de noix, il faut 6h pour faire 80 fûts. Butega commence à se faire connaître pour sa production d’huile de palme, mais il y a encore beaucoup de choses à faire :

·         Commencer la saponification le plus rapidement possible, afin de le commercialiser.

·         Renforcer les capacités des membres pour la fabrication de savon ;

·         Acquérir un capital pour l’acquisition des produits de base : soude caustique ;

·         Construire un hangar pour la cuisson des noix palmistes ;

·         Construire un bureau avec une pancarte pour être visible ;

·         Construire un hangar de stockage ;

·         Adduction d’eau pour alimenter les installations ;

·         L’association dispose d’un champ, mais souhaite le diviser en 3 parcelles pour séparer les cultures maraîchères, le manioc et le maïs ;

·         Volonté également de reprendre les activités d’élevage.

Aujourd’hui, ils ont 21 membres (10 femmes et 11 hommes). Il y a plus d’hommes qu’au début car, après avoir vu les facilités de travail avec les machines, ceux-ci ont rejoint l’association. Il y a un règlement dans l’association qui stipule l’interdiction de l’adultère et l’obligation d’un minimum de présence (après 3 absences, avertissement, après 5 absences, exclusion). C’est pour ces raisons que certaines personnes ont été exclues.

Les contraintes rencontrées par les membres de l’association :

1. Usure des machines, besoin de pièces de rechange (le fabricant est local et produit les pièces).

2. Lors de la Journée de la Femme organisée par l’OAP, il y a eu des jalousies de la part des hommes, car les femmes ont reçus des t-shirts. Il a fallu raisonner les hommes.

3. Bruit et la poussière des machines est mauvais pour la santé. Besoin de bouchons d’oreilles et de masques de protection.

4. Prévision du marché de l’huile et du savon.

L’association a la volonté de produire le savon sur place car il y a un besoin local (Actuellement, sur la colline, il y a un commerce de savon venant de Bujumbura). L’objectif est donc de vendre d’abord localement, pour ensuite de réfléchir pour étendre le marché si les surplus sont là.

L’association peut également vendre son huile palmiste à d’autres associations de la région. Chaque producteur qui apporte un fût de noix pour la transformation doit laisser 3 bouteilles d’huile à l’association et peut vendre le reste pour lui.

Un bidon (= 30 bouteilles) vaut 25000-30000 FrBu. La production varie entre 1 à 3 bidons par semaine.

L’association existe depuis 2009, et a créé son siège officiel en janvier 2010 et fut reconnue au niveau communal en mars 2010. Jérémy, le représentant communal, explique que l’association est bénéfique pour tout l’entourage de la colline et qu’il faut les encourager et les rendre plus visible.

L’association Turwanyubukene se considère comme l’enfant de l’OAP. L’OAP et son parent et Entraide et Fraternité son grand-parent ! Elle a besoin de continuer à grandir et se développer afin de devenir autonome.

 

 

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